ARRAUT Pierre

Né le 29 avril 1910 à Paris XVème-Mort le 30 septembre 1983 à Sète (Hérault) - Employé des chemins de fer- Communiste - Maire de Sète - Député.

 

 

 
 

 

 D’une famille ouvrière, il fut l’élève de l’école primaire à Bobigny puis à Montreuil. A treize ans, il fut admis en apprentissage dans la métallurgie et appris le métier de chaudronnier. Afin de parfaire sa formation, il travailla dans des entreprises différentes : à Bondy, à Pantin. A quinze ans, il fut engagé par Berliet à Lyon. Sept ans plus tard, à a Villeurbanne, il se mariait et quelques temps après, le nouveau ménage s’installait à Narbonne, l’épouse de P. Arraut devant quitter la région parisienne pour raison de santé. En septembre 1936, il entre à la Compagnie de chemins de fer du P.L.M à Sète. Il était alors, depuis quelques mois, syndiqué à la CGT, mais il n’avait encore aucune activité syndicale ou politique. A Sète, il devint rapidement Secrétaire adjoint du Syndicat CGT du P.L.M au sein duquel il déploya alors une grande activité avec d’autres militants, comme Fernand Lucchesi, le Secrétaire. Il adhéra au PCF en juin 1939.

Mobilisé dans le génie du Chemin de Fer en septembre 1939, il fut démobilisé en juin 1940. Peu connu des services de police en raison de son adhésion récente, juin 1939, il occupa rapidement des fonctions importantes dans la direction clandestine du PCF. Dès 1940 il était responsable départemental et avait la responsabilité de l’impression des tracts de son organisation politique pour la ville de Sète. Il participe donc à l’activité de propagande du PCF avec Raoul Isoird, Guigal et Théodore Lalande. A ce titre, il devait notamment faire de fréquents voyage à Lyon pour acheter le papier nécessaire. Le 1er avril 1942, il était arrêté sur dénonciation mais simplement comme militant communiste et condamné par le tribunal spécial militaire de Montpellier à cinq ans de prison. Jusqu’à son arrestation en raison de sa fonction d’employé aux statistiques à la gare de Sète, il avait pu se procurer d’importants renseignements concernant les transports de fer, de cuivre et de vin à destination de l’Allemagne et les communiquer à la Résistance. De son arrestation à son évasion, organisée en août 1944 par les FTPF et l’AS, P. Arraut fit vingt huit mois de prison successivement à la caserne du 32ème à Montpellier, au fort Miradou à Collioures, au camp de Mauzac et enfin à la prison militaire de Bergerac. En août 1944, il devint aussitôt commissaire aux effectifs au 14ème bataillon FTPF cantonné dans la forêt de la Double en Dordogne. Il fut ensuite responsable de l’imprimerie de « France d’Abord », installée à Mussidan, puis commissaire militaire aux voies ferrées de la Dordogne en tant que lieutenant. En décembre 1944, il regagna Sète pour y diriger la section communiste.

Aux élections municipales d’avril 1945, il était en tête de la liste communiste. Le 19 mai suivant, il devenait Maire de Sète et le demeurera jusqu’au 25 octobre 1947. Date à laquelle, à la suite d’une rupture entre communistes et socialistes, et bien que demeurant conseiller municipal, il fut battu. Le 22 mars 1959, il était élu Maire à la tête d’une liste communiste, réélu en 1965 et en 1971 à la tête d’une liste d’union de la Gauche. De septembre 1945 à mars 1949, il a été conseiller général de Sète. En 1962, il était candidat suppléant, aux élections législatives, Raoul Calas étant le titulaire. En 1967, il est élu député de la circonscription, avec 57,8% des suffrages exprimés. Il perdit ce siège avec la vague du 30 juin 1968, et le regagna le 11 mars 1973 avec 30.090 voix contre 23.727 au député sortant Collières. En juin de cette même année, il abandonnait son siège de Maire au profit de Gilbert Martelli. Aux élections de 1978, il ne se représenta pas aux élections législatives et permit à Myriam Barbera d’être élue sur cette circonscription.

Rappelons que de 1947 à 1959, il avait connu des moments difficiles : rayé des cadres de la SNCF, au moment de la grève consécutive à l’affaire du « complot des pigeons ». Il avait travaillé dans plusieurs entreprises. Durant cette période et jusque dans les années 1970, il était  membre du Comité Fédéral du PCF de l’Hérault et membre du Bureau de la Section Communiste de Sète.

Il décéda le 30 septembre 1983 et ses obsèques eurent lieu le samedi 1er octobre, avec un hommage Place de la République et un long cortège en ville.

Source : Mémoire de maîtrise d’Edouard Martin « Le Parti Communiste dans la Résistance" – 1939-1941- sous la Direction de Raymond Huart t- UFR III – Université de Montpellier – octobre 1992 –p.139
- Dictionnaire Biographique du Mouvement Ouvrier – Maîtron – 1914-1939 – Tome 17 – p.257 – Biographie établie par Jean Sagnes.- Archives Jacques Blin